Le 6 juin sortait Les Etoiles Vagabondes, le nouvel album de Nekfeu après 3 ans d’absence. Porté par un film du même nom diffusé dans 180 salles le soir même de la sortie, l’album est maintenant triple disque de platine. Je ne vais pas vous mentir, j’adore Nekfeu et son travail depuis un moment. J’écoute Feu et Cyborg souvent, et j’aime replonger dans l’album Paris Sud Minute qu’il avait sorti à l’époque avec le collectif 1995. J’attendais donc avec impatience ce nouvel album mais j’avais un peu sous-estimé le film qui allait avec. Disponible depuis fin août sur Netflix, j’ai quand même par curiosité décidé de le regarder et j’ai été happée.

 

Nekfeu, alias Le Fennec ou Ken Samaras, nous offre un film de 6 chapitres co-réalisé avec son ami Syrine Boulanouar retraçant la conception de l’album. Nekfeu nous emmène dans sa fuite. De Paris, à l’île de Mytilène en Grèce, en passant par Tokyo et la Nouvelle Orléans, Nekfeu nous offre un véritable voyage. Une quête d’inspiration et d’anonymat.

“C’est la première fois que je me retrouve devant une feuille blanche gros”

Le film démarre sur un plan séquence qui débute dans des loges et se termine sur l’immense scène des Vieilles Charrues devant une foule immense et cette voix off nous disant « Aujourd’hui j’ai joué devant 80 000 personnes, et je ne me suis jamais senti aussi seul. » Il n’est pourtant jamais très seul, il n’y a qu’à voir ce moment où tout son crew est présent avec lui au Japon. Il nous offre même Compte les hommes en featuring avec Alpha Wann rappelant les plus belles heures de l’Entourage.

“Moi je me nourris des autres, en réalité je ne suis qu’un haut parleur”.

On suit un Nekfeu cherchant l’inspiration, bossant dans des studios avec ses potes, écrivant et réalisant son album. Intéressant de voir comment le jeune homme travaille. Jamais vraiment seul, humble, simple, souriant.

Nekfeu efface les frontières et mélange le jazz, la variété (fallait aller la chercher Vanessa Paradis pour le feat Dans l’Univers, le rap et même le rébétiko; musique populaire grecque. Un album nourri par sa mélancolie et ses rencontres. 

La mise en scène du film est sobre, pure, à l’image de l’artiste. C’est une vraie mise à nu que nous offre Nekfeu qui avoue ne plus avoir d’inspiration et vouloir fuir la célébrité.

Si vous avez déjà découvert l’album, allumez Netflix tout de suite ! Vous aurez envie de lui accorder de nouvelles écoutes après avoir vu l’envers du décor. Et si vous n’avez pas encore écouté Les Etoiles Vagabondes, peut-être que de voir le film vous emmènera gentiment vers cet album teinté de couleurs japonaises et grecques avec des accents jazzy de la Louisiane. Un album à considérer comme un projet global (34 titres quand même) qui inscrit Nekfeu comme le rappeur le plus abouti de sa génération à mes yeux. Un artiste entier, une des plus belles plumes du rap français, qui maîtrise sa com à la perfection. Trop peut-être dans ce film ? On s’attendrait presque à plus d’émotion et à moins d’écriture tant le film à l’air d’avoir été pensé à la lettre. Mais finalement, venant de Nekfeu … 

5 titres à écouter absolument selon moi :

  • Voyage Léger
  • Oui et non
  • Pixels
  • Premier pas
  • Ciel noir

L’album en 5 punchlines :

  • Quand t’es un babtou tu dis pas négro (Oui et non)
  • J’ai besoin de tes mensonges, tous mes songes se rappellent de toi (Energie sombre)
  • Tu peux être un acteur important du film de ma vie mais tu n’auras jamais le premier rôle (1er rôle)
  • Pour des raisons qu’on ne sait pas, un jour nos chemins se séparent (Dernier soupir)
  • Et quand tu veux rendre tout ce que t’as pris, tu finis par donner (Ecrire)

Je vous laisse, faut que j’aille ré-écouter l’album pour la 128ème fois 🙂 XoXo


Pour ne rien louper : hellocoton | instagram | facebook | twitter

Share: